L’auteur qui imaginait des « livres-dentelle »
Antoine Guilloppé, Artiste-Auteur adhérent de Picpus depuis 2009
A 9 ans, Antoine Guilloppé a un choc : les bandes dessinées qu'il dévore ne tombent pas du ciel, elles sont faites... par des humains ! Une vraie révélation. Sa décision est prise : il sera dessinateur. Grâce à une mère attentive, il enchaîne les écoles d'art à Lyon. "J'ai passé presque 7 ans dans les écoles... comme une médecine du dessin !", dit-il en souriant.
A la sortie, il monte à Paris, carnet sous le bras. Mais les éditeurs, s'ils reconnaissent son coup de crayon, lui posent tous la même question : "qu'est-ce que tu veux raconter ?". Excellente question, à laquelle Antoine n'avait jamais vraiment réfléchi. Sa réponse passera par l'écriture, un peu à contre-coeur au départ, mais cela s'est révélé payant : "Le fait de présenter une histoire complète, texte et illustration, a changé la façon dont on percevait mon travail", analyse-t-il.
Après plusieurs essais et autant de refus, un éditeur accepte de le publier. Puis deux albums sortent d'un coup. Piuis quatre. Et peu à peu, Antoine construit son catalogue et sa voix singulière dans l'univers jeunesse. L'aventure est lancée. Depuis, Antoine alterne créations et interventions en médiathèques et en écoles, comme en Guyane ou à Taïwan. En montrant les différentes étapes d'un dessin avant son impression, il aime dira aux enfants : "Ce métier existe. Il est possible".
En 2003, il publie Loup noir, album muet en noir et blanc. En le dessinant, une idée lui traverse l’esprit : et si certaines parties étaient découpées ? À l’époque, ce n’est pas réalisable, la technologie n’existe pas encore. Mais, six ans plus tard, une éditrice lui parle de découpe laser. Elle connaît un éditeur qui l’utilise. Les premiers tests sont incroyables. En 2010, Pleine Lune voit le jour, qui devient le premier album en papier «dentelle». Chaque page devient un jeu d’ombres, de lumière, et de surprise pour les enfants. «Ce n’est pas du pop-up, ça reste plat, mais c’est comme si on entrait directement dans le dessin ! », explique Antoine.
Pendant dix ans, ses livres dentelle séduisent. La découpe laser est même devenue un peu sa «marque de fabrique». Bien que pensés pour les enfants, ses livres sont aussi achetés par des adultes, séduits par la beauté de l’objet. «C’est un livre qu’on garde, qu’on offre, qu’on ne lit pas vite. »
Aujourd’hui, il continue son bonhomme de chemin, entre nouveaux albums, interventions et signatures, comme au dernier Festival du Livre de Paris, au Grand Palais. Son dernier album, Pleine nuit, n’est pas découpé, mais tout en bleus profonds et agrémentés de détails couleur or et argent. D’autres techniques pour d’autres effets.
Il observe, inquiet mais lucide.
«L’IA ne remplace pas une
narration, ni l’illustration. Pas
encore. Mais il faudra rester
vigilant. » En attendant, Antoine
continue. Il trace, il découpe,
il raconte. Lentement.
Avec soin. Comme ses livres.
Auteur et illustrateur jeunesse depuis plus de 25 ans, Antoine Guilloppé s’est fait connaître par ses albums en papier découpé. Adhérent à Picpus depuis dix ans, il partage aujourd’hui son métier dans les écoles et médiathèques en France et à l’international, avec un message simple : derrière chaque dessin, il y a une main et une histoire.
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